Un peu d'histoire... un peu d'hypnose.






Hypnos : Dans la mythologie grecque, Hypnos est le dieu du sommeil, connu chez les Romains sous le nom de Somnus. Il est le fils de Nyx et le frère jumeau de Thanatos, la personnification de la Mort. Il est aussi le père de Morphée, dieu des rêves.


Bien avant 4000 avant JC, on trouve les origines de l’Hypnose. En Mésopotamie, puis chez les Sumériens où l’on décrit sur des tablettes des pratiques hypnotiques. Chez les Égyptiens (3000 avant JC) il est fait état de séances d’Hypnose qui ont été retrouvées inscrites sur des papyrus. Un papyrus découvert portait l’inscription « Pose ta main sur la douleur et dis que la douleur s’en aille »



Papyrus découvert par Edwin Smith à Louxor en 1862 qui fut acheté ensuite par l’égyptologue allemand Georg Moritz Ebers, à qui il doit son nom ‘’le papyrus Ebers’’ .

Sa traduction, dénombre presque 900 procédés médicaux, dont ce qui ressemble beaucoup à de l’Hypnose.


Une stèle datant de 1000 ans avant JC a été découverte en 1972 sur laquelle il est décrit une séance d’Hypnose sous le règne de Ramsès II, pharaon d’Égypte (XIX ème dynastie). Sur cette stèle le pharaon motive ses troupes avant de les emmener au combat en utilisant des exercices hypnotiques.



Puis, beaucoup plus tard, 500 ans avant JC, Pythagore dit que les chiffres sont les « particules de l’âme » (conscience et information). Il évoque dès cette époque l’existence d’un fluide qui émanerait du corps humain et décrira aussi les 3 strates du cerveau humain. Tel que le reprendra à son compte Mc Lean dans les années 1970. Le fameux cerveau triunique (reptilien, limbique, néocortex).


Socrate au cinquième siècle avant JC créé la maïeutique, l’art de faire accoucher les esprits. « Les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux même les bonnes réponses. »


Puis, à travers les siècles qui suivront, que ce soient les Druides ou les Prêtres, les Sorciers ou les Chamans, accèdent à l’expression de volontés divines. Des coutumes, des soins et des rituels qui font bien évidemment penser à l’Hypnose moderne.

Vers 1529 Paracelse (Philippus Theophrastus Aureolus Bombast von Hohenheim), docteur et alchimiste suisse joua un rôle considérable dans l’histoire de la médecine, de la philosophie, de l’alchimie, mais aussi dans la transe hypnotique. Selon lui, le malade guérit grâce à un « fluide réparateur » circulant d’un individu à l’autre. Il livre les premières données scientifiques sur le « Magnétisme Animal », tel que l’appellera plus tard Mesmer.


Franz Anton Mesmer 1734-1815, médecin allemand qui reconnaitra les travaux de Paracelse, Le Marquis de Puységur 1751-1825, l’Abbé de Faria 1755-1819 qui donna un cours en 1813 sur le sommeil lucide pose les premiers fondements de ce qui deviendra « l’École de Nancy », en insistant sur la prépondérance de la suggestion. Ainsi naît le « sommeil lucide », qui deviendra l’Hypnose.

Le Baron Henin de Cuvilliers 1755- 1841, James Braid 1795- 1860 chirurgien qui posera les bases scientifiques de ce qu’il nommera en 1841 « Hypnose » et en 1843 il publie « Neurologie, traité du sommeil nerveux ou hypnotisme ». On peut citer à la même période, John Elliotson qui est un professeur de chirurgie et qui inventa le stéthoscope et qui introduisit l’Hypnose à l’hôpital pour les anesthésies. Puis, le docteur Parker qui dans son hôpital de Dublin pratiqua plus 200 opérations sous anesthésie hypnotique.


Jean-Martin Charcot, 1825-1893, neurologue, ayant découvert l’Hypnose lors d’un spectacle, fonde l’École de la Salpêtrière. Dans le service où Charcot travaillait, il ne voyait que des femmes souffrant d’hystérie et ne faisait ses expériences que sur elles. Ce sont ses étudiants ou bien des hypnotiseurs de spectacle comme Donato qui s’en chargeaient souvent par des moyens barbares (inductions mécaniques ; flashs visuels ; frayeur ou injections chimiques).


C’est le début de la bataille d’écoles « la Salpêtrière-Nancy ».

‘’L’état pathologique’’ décrit par l’école de la Salpêtrière, contre ‘’état naturel’’ par la très avancée école de Nancy (Hyppolite Bernheim 1837-1919) bataille qui ne se termina qu’un siècle plus tard. La science trancha en faveur de Bernheim (zones cérébrales dédiées aux états modifiés de conscience naturellement présentes chez chacun).


Sigmund Freud, s’est intéressé également de près à l’Hypnose. Il fit un stage de 4 mois à la Salpêtrière auprès de Charcot. Puis, il terminera avec Bernheim en 1889 à Nancy. Mais il abandonne la technique qui ne correspondait plus à ses recherches. Il conceptualisera peu de temps après, la psychanalyse.


D’autres noms tels que Emile Coué, Pavlov, Janet, Bykov, Hull, Shultz ou Platonov peuvent être cités dans la progression de l’Hypnose.

Il faut attendre les années 1930 pour que Milton Erickson, psychiatre américain, 1901-1980, donne ses lettres de noblesse à l’Hypnose.

« Père de la communication moderne » selon l’école de Palo Alto, il révolutionne la vision de l’Hypnose et de la thérapie brève, la pratiquant de manière plus douce et moins dirigiste ; C’est la ’’relation hypnotique’’. « C’est un foyer de ressources, le patient ne sait pas qu’il sait déjà, inconsciemment, ce que son conscient ignore. »

Ses membres et élèves (Bateson, Watzlawick, Weakland, Haley, Zeig, Rossi…) ont largement popularisé et fait évoluer sa pratique, avec entre autres l’apparition de la PNL Programmation Neuro-Linguistique inventée par Bandler et Grinder dans les années 1970.


La PNL est une modélisation, c’est une pratique dont l’hypnose était le fondement, mais cela a été oublié.

Les travaux d’Erickson seront poursuivis par son élève Ernest Lauwrence Rossi qui supprime les suggestions métaphoriques et indirectes en privilégiant le « présent ».

Rossi s’est tourné vers les neurosciences pour comprendre les mécanismes des ré-associations permises par la psychothérapie.


1979, Daniel Araoz, Sexologue et Hypnothérapeute, baptise cette forme de travail hypnotique : « Nouvelle Hypnose ».

A la même époque, des gens comme le docteur Malarewicz, avec l’appui de Jeffrey Zeig, Richard Bandler et John Grinder, importent cette « Nouvelle Hypnose » en France.

On peut citer également Francine Shapiro en 1987 qui créa l’EMDR (eye movement desensitization and reprocessing), afin de soigner les soldats rentrés du Vietnam. En proposant un état modifié de conscience par un balayage et mouvement oculaire. Ou l’EFT (emotional freedom technique créée par Gary Graig en 1993) ou tapping qui fait appel au sens kinesthésique (par le toucher).


« J’aime considérer mes patients comme ayant un esprit conscient et un esprit inconscient, j’attends de l’un et de l’autre d’être présent dans la même personne et dans mon bureau avec moi » Milton Erickson.



extrait du mémoire "Hypnose et Coaching". Marc Olla




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